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SUMMARY:&quot\;Politique et exercice de la langue sous les premiers Bourbo
 ns: les conflits de pouvoir et la question de la norme dans la première m
 oitié du XVIIe siècle&quot\;. - Philippe Caron (Université de Poitiers 
 and Churchill College)
DTSTART:20080516T120000Z
DTEND:20080516T134500Z
UID:TALK12125@talks.cam.ac.uk
CONTACT:Professor Mari Jones
DESCRIPTION:A l’intérieur même d’un registre de langue présumé hom
 ogène et jusque dans un même idiolecte\, à l’exclusion de toute reche
 rche d’effet stylistique particulier\, des phénomènes de variation mor
 pho-syntaxique sont à l’œuvre . On reste dans le même standard mais d
 es patrons sont en variation les uns avec les autres. Ceci provient du fai
 t qu’un idiome n’est pas seulement un plurisystème du point de vue g
 éographique et social mais aussi chronologique\, c’est-à-dire que des 
 règles contradictoires peuvent coexister\, règles qui correspondent au c
 hevauchement\, à l’intérieur d’une pratique linguistique donnée\, d
 e systèmes en coexistence. Mais il arrive qu’une génération précipit
 e certaines évolutions lentes qui laissent sur des décennies coexister d
 es paires ou des triplets de formules concurrentes. Alors on est habilité
  à placer là une sorte de frontière linguistique.\n\nDans le cas du fra
 nçais classique\, un phénomène de ce genre s’est apparemment produit 
 (si notre regard rétrospectif n’est pas faussé) sur un ensemble concen
 trique de décennies dont l’axe serait selon moi 1620-1630 . La question
  de savoir pourquoi une génération de gens de plume innove davantage que
  ses prédécesseurs est une question complexe.\n\nOn peut toutefois disce
 rner dans l’écheveau des causalités une rupture assez grave de consens
 us dans l’équilibre relatif des pouvoirs dans la France des premiers Bo
 urbons : nous savons désormais quelles pressions graves le pouvoir a exer
 cées sur son Parlement de Paris pour lui interdire toute velléité d’o
 pposition et le cantoner dans son domaine traditionnel d’instance judici
 aire. Les retombées de cette situation sont innombrables : la parole se t
 rouve comme dégagée de la philosophie et de l’éthique de cette classe
  sociale qui jouait un rôle modérateur sur l'évolution de la norme. Ell
 e perd un frein important provenant de la langue judiciaire. Elle s’éma
 ncipe et s’abandonne à une sorte d’hédonisme général \, c’est-à
 -dire qu’elle ne se sent plus contenue à l’intérieur d’une vision 
 du langage considéré comme véhicule docile et subordonné d’une véri
 té à dire. Ce n’est pas un hasard si sur une seule décennie éclatent
  successivement l’affaire Théophile\, puis l’affaire Balzac et enfin 
 l’affaire Corneille.\n\nAu milieu de ce climat de « sécularisation » 
 de l’écriture\, le pouvoir joue un rôle intelligent qui consiste à pr
 otéger parfois les écrivains des attaques qui leur sont faites par le mi
 lieu dévôt pour les enrôler à son service.\nA partir de là le langage
  deviendra moins un véhicule de la vérité qu’un sésame\, c’est-à-
 dire un signe de reconnaissance sociale \, un lieu de discrimination et do
 nc corrélativement un instrument de promotion sociale riche en codes.\n\n
 On peut penser alors que tous ceux qui cherchent à vivre de leur plume et
 \, plus généralement\, ceux qui veulent faire fortune auprès du pouvoir
  central\, vont surveiller leur paraître linguistique au même titre que 
 leur paraître social. Les conditions sont alors réunies pour qu’un pro
 cessus de mimétisme puissant se mette en place. "\n
LOCATION:Lecturers' Common Room\, Raised Faculty Building\, Sidgwick Site
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